2020 en Belgique

Photos bientôt !

Retour sur les 8 et 9 mars 2020

48H DE GRÈVE FÉMINISTE, NOUS L’AVONS FAIT – 09.03.2020

Ce lundi 9 mars, nous étions des centaines en grève à travers tout le pays :

Dans le secteur de la santé : actions à l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, à Anvers au centre de vie et de soin, et plannings familiaux en grève.

Les milieux associatif et socioculturel mobilisés : actions, comme à Aeropolis (siège des Mutualités chrétiennes, CSC, WSM, MOC) mais aussi associations fermées, comme l’école des devoirs des Goujons. Un rassemblement a été organisé à Bruxelles pour dénoncer la précarité du secteur, faisant reposer les devoirs de l’État sur les salariées, stagiaires et bénévoles.🍽 Commerces et Horeca aussi dans le mouvement : au Parvis de Saint-Gilles à Bruxelles des travailleuses ont expliqué et chanté leur grève dans différents bars du quartier, et au Delhaize Mozart (Uccle), les employées portaient les couleurs de la grève et ont rejoint l’appel à faire du bruit.

Universités et hautes écoles au taquet : levées de cours et autres actions à la KUL par l’AVC, à l’UGhent, à la VUB et à l’ULB par les travailleuses et les étudiantes. A la Grève féministe à l’INSAS, le piquet a été rejoint par les étudiantes en grève de l’ERG, qui dénoncent la “disparition des femmes*” dans le monde de l’Art : elles sont plus de 50% dans les écoles mais très peu reçoivent des subsides ou prix.

Les avocates se sont également mises en grève. Rassemblées aux pieds du Palais de Justice de Bruxelles, une cinquantaine d’entre elles ont performé #UnVioladorEnTuCamino en toge, tenu le piquet et exprimé leurs revendications.

Des dizaines d’autres actions : le QG de grève du Collectif 8 mars Tournai, des casserolades, le rassemblement des femmes* de Schaerbeek, le 8maars-bus qui a relié les piquets bruxellois toute la matinée…

La grève féministe s’inscrit dans un mouvement transnational, porté dans plus de 60 pays ! Des millions de femmes* ont manifesté hier, du Chili au Soudan en passant par l’Algérie, le Pakistan, l’Espagne ou la France. Les Mexicaines organisent aujourd’hui une “journée sans les femmes*” #UnDíaSinNosotras, une grève totale y compris des réseaux sociaux dont nous n’aurons donc des nouvelles que ce mardi…

Concernant les #ViolencesPolicières ayant eu lieu durant la manifestation nationale hier à Bruxelles, le Collecti.e.f 8 maars – Bruxelles assure le suivi, plus d’infos très bientôt !

*nous sommes un collectif sans hommes cisgenre. Cisgenre désignant toute personne qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance.

Incroyable journée de mobilisation à travers toute la Belgique – 08.03.2020

On est ravies de voir que la drache ne nous a pas empêché de crier notre rage !

Ce fut l’occasion de se réapproprier l’espace public, l’investir et le faire vivre. La manifestation et le festival pour la grève des femmes* organisés par le Collecti.e.f 8 maars Antwerpen ont rassemblé plus de 700 personnes. A Bruxelles, la place de l’Albertine a été occupée toute la journée et 10 000 personnes y ont pris les rues. Diverses actions, casserolades et performances ont eu lieu un peu partout, une centaine de personnes se sont rassemblées à Mons, à Namur ainsi qu’à Arlon, et plus de 500 à Gand. La performance chilienne #UnVioladorEnTuCamino a été reprise à Liège, Gand et à Bruxelles, rappelant le caractère international du mouvement féministe en cours.

Durant la manifestation bruxelloise, plusieurs personnes ont été blessées suite à des violences policières. Solidarité avec les victimes ! Rendez-vous sur la page du Collecti.e.f 8 maars – Bruxelles pour plus d’informations.

Demain lundi 9 mars est une deuxième journée de grève : piquets, bruit et rassemblement à l’agenda. Nous vous tiendrons au courant.

Appel à la grève des 8 et 9 mars 2020

Le Collecti.e.f 8 maars appelle les femmes* de Belgique à deux jours de grève les dimanche 8 et lundi 9 mars 2020. Comme l’année dernière, la grève féministe portera sur quatre axes : la grève du travail salarié, la grève du travail domestique, la grève de la consommation et la grève des études et de la formation.

Le 8 mars 2020 tombe un dimanche, jour de congé pour beaucoup de travailleuses, mais pas toutes. En effet, de nombreux secteurs sont concernés par le travail dominical, comme le commerce, l’Horeca, le culturel, la santé, les soins et les transports. De plus, s’occuper de ses proches et des tâches ménagères est un travail quotidien pour la plupart des femmes*, et ce y compris les jours de “repos”. Une grève du dimanche a donc tout son sens aujourd’hui, qu’on mette à l’arrêt les commerces, les services ou les foyers. L’appel à la grève couvre également le lundi 9 mars pour permettre à toutes les femmes* d’amener leurs revendications sur leurs lieux de travail ou de formation. Entreprises, administrations et écoles pourront ainsi être touchées grâce à une grève s’étendant au lundi, qui permettra également d’inclure la réalité souvent oubliée du travail de nuit. Aussi pour les femmes qui veulent arrêter le travail domestique ces 48h donnent plus de possibilités.

Autonome vis-à-vis des structures institutionnelles, le Collecti.e.f 8 maars encourage toutefois les syndicats à soutenir cet appel à la grève. Ceux-ci peuvent apporter un soutien déterminant au mouvement par le dépôt de préavis, comme cela a été fait par certaines centrales de la FGTB et de la CSC l’année dernière, ou en soutenant leurs affiliées grévistes.

Les Assemblées 8 maars ont repris en septembre dernier, et des groupes de femmes* ont d’ores et déjà commencé à préparer la grève du 8 mars à Anvers, Bruxelles ou Liège. Le Collecti.e.f appelle toutes les femmes* du pays à se mobiliser là où elles vivent et/ou travaillent pour construire un grève de 48 heures. Elles peuvent notamment créer ou rejoindre un groupe de mobilisation (dans leur ville, avec leurs collègues de travail, avec les autres mamans de l’école des enfants, avec leurs voisines…). Ensemble, montrons que “quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête !”.

Cette grève est conçue comme une première étape dans la construction d’un mouvement féministe fort en Belgique, visant une société réellement égalitaire. En rendant visibles leurs  réalités et les différentes oppressions qui s’y mêlent, leurs colères et leurs envies, en se rencontrant pour se découvrir des convergences et tisser des solidarités, en construisant un mouvement fort et durable, les femmes* veulent obtenir des avancées concrètes.

*Toute personne s’identifiant et/ou étant identifiée comme femme.